
Besoins caloriques
Le coût énergétique d'une activité en
montagne dépend:
- de la spécificité de la course, sa
difficulté, sa durée
- des conditions climatiques, la lutte
contre le froid ou la chaleur pendant l'effort est coûteuse en énergie
- de l'altitude, la raréfaction de
l'oxygène nécessite une augmentation de la ventilation, donc un travail
supplémentaire des muscles respiratoires
- du terrain et de la pente sur laquelle
on évolue
- de l'engagement et du niveau technique
de l'alpiniste, une personne entraînée aura une dépense calorique moindre pour
le même effort
- de l'expérience et du vécu, les
personnes émotives ou peu expérimentées subiront un stress dans les situations
à risque, réaction coûteuse en énergie
En conclusion, la dépense calorique peut
varier de 200 à 1 200 kcal/heure. Dans des conditions moyennes la perte
calorique est estimée à 500 kcal/heure. Soit pour une course de 5 heures une
dépense de 2 500 kcal. Pour calculer la dépense calorique, il faut ajouter la
perte due à l'activité journalière restante, soit 2400 kcal qu'il faudra
compenser si l'on ne veut pas puiser dans ces réserves.
Lors d'une course à la journée, les 4 900
kcal de perte seront compensées le soir ou le lendemain par une alimentation un
peu plus abondante en privilégiant l'apport glucidique.
Pratiquement pour une succession de
courses, une ration quotidienne de 3 000 à 3 300 kcal en moyenne doit couvrir
correctement les besoins au prix d'une perte de graisse
Composition d'une ration alimentaire
journalière de 3 200 kcal:
- 60% de glucides correspondant à 1 920
Kcal, comme 1g de glucides libère 4 kcal, vous avez besoin de 480 g de
glucides
- 14% de protides correspondant à 448
Kcal, comme 1g de protides libère 4 kcal, vous avez besoin de 112 g de
protides
- 26% de lipides correspondant à 832
Kcal, comme 1g de protides libère 9 kcal, vous avez besoin de 92 g de lipides
Ensuite à l'aide des tableaux figurant
sur les emballages des produits, vous calculerez la répartition des glucides,
lipides, protides des différents aliments, et vous obtiendrez votre ration
journalière.
Besoins hydriques
La quantité d'eau consommée au cours
d'une journée en montagne est fonction:
- de l'intensité et de la durée de
l'exercice: 80% de l'énergie est dépensée sous forme de chaleur qu'il faut
évacuer. Chaque litre de sueur évaporée élimine 580 Kcal. Si la course
représente un coût énergétique de 2 000 kcal: 3,8 l de sueur seront nécessaire
pour maintenir l'équilibre thermique.
- de la facilité à évaporer la sueur en
fonction de la matière des vêtements, de l'humidité et de la température de
l'air ambiant. La sueur qui ruisselle sur le corps ne s'évapore pas, donc ne
joue pas son rôle de régulation thermique.
- du degré d'hydrométrie de l'air,
sachant qu'en altitude, les pertes d'eau liées à la ventilation augmentent
sensiblement.
- des besoins quotidiens pour équilibrer
les pertes.
On estime que pour rester performant
lors d'un effort soutenu, il faudrait un apport d'environ 700 ml à l'heure.
Toutefois l'intensité maximale est rarement atteinte en montagne et il est
difficile de porter la quantité de liquide compensant les pertes en sueur lors
d'une longue course.
Il faut donc:
- s'assurer d'un bon équilibre hydrique
dès le départ ( avoir bu abondamment au cours du dîner et de la nuit qui
précèdent la course, des boissons abondantes au petit-déjeuner).
- profiter de toutes les ressources
naturelles pour s'hydrater ( ne pas boire d'eau trop froide).
- boire par petite quantité une eau
tempérée.
Conséquences de la déshydratation
- Sur la performance en général:
une perte de 2% du poids du corps entraîne une diminution de 20% de
l'intensité maximale.
- Sur l'activité musculaire:
l'augmentation de la viscosité sanguine, liée à la déshydratation retarde
l'élimination des toxines accumulées dans le muscle avec un risque de
tendinite.
- Sur le fonctionnement rénal: la
baisse de débit de filtration dans le rein ralentit l'élimination des toxines
et concentre les urines avec un risque de colique néphrétique.
- Sur les risques de gelures:
l'augmentation de la viscosité sanguine due à la déshydratation, aggravée par
un séjour en altitude ( augmentation du nombre de globules rouges) ralentit la
circulation sanguine aux extrémité. Le froid et la déshydratation sont les
principales causes des gelures.
- Sur les risques de coup de chaleur:
la sudation est le seul moyen dont dispose l'organisme pour lutter contre
l'augmentation de la température corporelle. Au-delà d'un certain degré de
déshydratation, la sudation va diminuer et la régulation thermique ne sera
plus assurée. Conséquences: fatigue anormale, étourdissement pouvant aller
jusqu'à une perte de connaissance.
Les sels minéraux:
Une transpiration prolongée fait
apparaître des traces de sel sur les vêtements, mettant en évidence une
déperdition en sels. Contrairement aux concentrations des liquides de
l'organisme, la sueur est peu concentrée en sels. Si les pertes sont rapidement
compensées, il persiste un déficit en sel qui peut nécessiter l'apport d'un ou
deux grammes de sel par litre de boisson. En montagne, l'impossibilité de boire
en quantité suffisante pour compenser les pertes, évite la survenue d'un déficit
en sel.
Un apport quotidien de 8 à 10 grammes de
sel est suffisant pour compenser les pertes sudorales.
L'apport de sucre dans les boissons:
Sous forme liquide, le sucre est
l'élément le plus efficace pour lutter contre l'hypoglycémie. La concentration
en sucre d'une boisson est choisie en tenant compte du but recherché:
- Si l'exercice se déroule dans une
ambiance chaude, il faut donner la priorité à la réhydratation, donc aux
boissons peu concentrées en sucre.
- Inversement dans une ambiance froide,
on doit privilégier l'apport calorique en augmentant la quantité de sucre
dissous dans la boisson. Cet apport est insuffisant pour combler le déficit en
glucide d'une activité d'intensité élevée. Par contre il peut être efficace en
cours d'activités prolongées, pour améliorer la lutte contre le froid et en
période de récupération.
Les boissons à éviter:
- Les sodas ou boissons gazeuses
sucrées, sauf pendant la période de récupération, jamais à jeun ou dans
l'heure précédent un effort.
- L'eau de fonte proche de 0°C qui
entraîne des désordres digestifs et provoque la diarrhée. Mélangée à de l'eau
tiède elle viendra en complément les réserves d'eau.
- L'abus de café: effet diurétique
rapide, insomnie dans les heures qui suivent
- Les boissons alcoolisées surtout pour
la sensation de chaleur notamment aux extrémités par la vasodilatation
périphérique qui a pour conséquence l'augmentation de la déperdition de
chaleur
Fiche: "Alimentation"
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Alimentation: Les principes |
Alimentation: Applications
pratiques en montagne |
Gérer le stock de carburant:
- Si la durée de l'exercice est
inférieure à 2 h, il n'y a pas lieu de modifier son alimentation
- Si la durée de l'exercice est
comprise entre 2 et 6 h, la dépense d'énergie peut être équilibrée par
une alimentation adaptée
- Si la durée de l'exercice est
supérieure à 6 h, le bilan énergétique est toujours déficitaire. Une
journée de repos avec une alimentation choisie est nécessaire
Choisir ses aliments:
- Absorber des glucides complexes
( pâtes, riz, semoules...) en quantité suffisante, au dîner précédent la
course. Pour augmenter l'assimilation des glucides afin d'obtenir une
surcompensation ( c'est à dire une augmentation du stockage au-delà des
réserves au repos), il est nécessaire d'avoir pratiqué un exercice avant
le dîner ( montée au refuge)
- En ambiance froide, une
alimentation riche en lipide améliore la lutte contre le froid
- Observez un délai minimum de 2 h
entre le dernier repas et l'effort intense. En montagne, il est
conseillé de débuter l'activité lentement et de fournir un effort
d'intensité élevé au bout d'une heure.
Préserver la réserve de glucides (
glycogène):
- En améliorant ses qualités
d'endurance ( entraînements réguliers, travail foncier)
- En apportant un complément
d'énergie pendant l'effort par des glucides simples à l'aide de rations
de 50 g toutes les deux heures
Accorder de l'importance à la récupération
pour reconstituer les stocks de glycogène:
- Boire essentiellement des
boissons sucrées
- Manger abondamment des glucides
complexes au repas ( pâtes, riz, semoule..)
- Diminuer la ration de protide au
cours du repas suivant l'effort pour privilégier l'apport en glucide
- Après épuisement complet du
stock de glycogène, plus de 20 heures de repos et une alimentation riche
en glucide sont indispensables
Boire en montagne:
- Augmenter la quantité de boisson
si l'activité se déroule en ambiance chaude ou en altitude.
- Choisir sa boisson: faiblement
concentrée en sucre, 5% ( jusqu'à 10% si l'effort se pratique en
ambiance froide) et à une température de 12°C à 15°C.
- L'eau de fonte n'entraîne pas de
trouble digestif, c'est la température du liquide proche de 0°C qui est
responsable de ces maux.
- Limiter les pertes d'eau par
sudation en diminuant l'intensité de l'effort et en choisissant des
vêtements adaptés.
- Après l'effort vous pouvez boire
toutes sortes de boissons, sucrées ( soda, jus de fruit, boissons
énergétiques), minéralisées ou des bouillons de légumes.
- Boire beaucoup d'eau,
régulièrement et en petite quantité
- Prendre garde aux risques de
pollution de l'eau ( troupeaux en amont....); en cas de doute, utiliser
un désinfectant de type hydroclonazone, micropur, dérivés iodés.
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Avant la course:
- Choisir une alimentation
variée.
- Eviter les repas trop copieux,
surtout riches en graisse.
- Une alimentation hyper
glucidique n'est justifiée qu'en phase de récupération d'un exercice
pratiqué dans les jours qui précédent.
- Si l'appétit n'est pas au
rendez-vous, il faut s'efforcer de consacrer le temps nécessaire au
petit-déjeuner, consommer des aliments énergétiques et boire
abondamment
- Eviter le café au lait,
particulièrement indigeste ou une trop grande quantité de lait
Pendant la course:
- S'interdire un rythme rapide au
départ, surtout en période digestive
- Se dévêtir, dès l'apparition de
la transpiration
- S'arrêter au bout de 2 heures
d'effort
- Boire souvent surtout s'il y a
possibilité de se ravitailler facilement
- Fractionner l'alimentation
toutes les deux heures
- Varier les aliments solides pour
éviter le dégoût: barres de céréales, gâteaux de semoule ou de riz,
fruits secs
- Limiter les aliments riches en
graisse ( charcuterie, fromage gras, chocolat en grosse quantité)
Après la course:
- Boire abondamment, plus que
nécessaire pour étancher sa soif: un demi-litre dès la fin de la course
puis régulièrement, toutes les demi-heures
- Manger régulièrement des
aliments riches en glucide sans attendre le dîner
- Se détendre ( étirement,
relaxation, repos)
- Eviter un dîner trop copieux,
privilégier des glucides à assimilation lente ( pâtes, riz, semoule)
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Casse-croûte 1 200 kcal
-
1 salade composée (
riz, thon, oeuf, tomate, olive, huile)
-
30g de fromage
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2 fruits frais
-
50 g de pain
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Casse-croûte 1 750 kcal
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Casse-croûte 2 750 kcal
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Equivalence glucidique de 50
g de glucose
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Boisson énergétique naturelle
-
20 cl de jus d’orange
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2g de sel
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6 cuillerées de miel
-
compléter avec 1 litre d’eau
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