
De par son propre poids, sous l'action de la pesanteur, la neige a tendance à glisser vers le bas de la pente au fur et à mesure qu'elle se dépose. Si elle reste sur les pentes, c'est qu'elle oppose une résistance à ce glissement. Cette résistance est due en partie à la cohésion interne de la neige, c'est à dire la qualité des liaisons entre les grains de neige qui composent la couche de neige. Le type de cohésion dépend de la nature des grains qui la constituent.
Causes de déclenchement des avalanches
On peut considérer le manteau neigeux comme un corps en équilibre sur un plan incliné. Il peut se mettre à glisser:
Diminution des résistances
Augmentation des contraintes
Echelle Européenne de risque d'avalanche
Partant du principe que le risque zéro n'existe pas en montagne, l'indice est coté de 1 à 5. La probabilité de déclenchement provoqué par le skieur ( randonneur ou raquettiste) croît avec la valeur de l'indice.
Chaque indice caractérise l'état du manteau neigeux avec en corollaire l'activité avalancheuse prévue en terme de nombre d'avalanches (isolées, plusieurs, nombreuses) et de leur taille (petite, moyenne, grosse). Pour les indices 1, 2, 3, 4 on distingue les déclenchements provoqués des spontanés. En risque de niveau 5, l'instabilité est telle que cette distinction n'est plus nécessaire.
Les déclenchements provoqués sont ceux qui arrivent par une augmentation des contraintes (volontaires ou non). Les déclenchements spontanés sont plutôt le fait de la diminution des résistances.
L'indice chiffré ne fournit qu'une information limitée. Seul le bulletin d'estimation des risques d'avalanche (BRA) précise les conditions de neige, le type de risques ainsi que leur localisation en fonction de l'altitude, de l'orientation ou encore du créneau horaire. A consulter également sur internet: " bulletin de synthèse hebdomadaire et analyse du manteau neigeux"
Les informations sur le risque d'avalanche sont consultables:
par téléphone au 08 92 68 10 20, au 3250, ou au 08 92 68 02 xx (xx étant le numéro minéralogique du département)
par internet au www.meteo.fr/montagne (pour les risques en France)ou www.avalanches.org ( pour les risques en Europe)
| INDICE DU RISQUE | STABILITE DU MANTEAU NEIGEUX | PROBABILITE DE CECLENCHEMENT |
| 1 Faible | Le manteau neigeux est bien stabilisé dans la plupart des pentes | Les déclenchements d'avalanches ne sont, en général, possibles que par forte surcharge (***) sur de très rares pentes raides (*). Seules des coulées ou de petites avalanches peuvent se produire spontanément |
| 2 Limité | Dans quelques (**) pentes suffisamment raides, le manteau neigeux n'est que modérément stabilisé. Ailleurs il est bien stabilisé | Déclenchements d'avalanches possibles surtout par forte surcharge (***) et dans quelques pentes généralement décrites dans le bulletin. Des départs spontanés d'avalanches de grande ampleur ne sont pas à attendre |
| 3 Marqué | Dans de nombreuses (**) pentes suffisamment raides, le manteau neigeux n'est que modérément à faiblement stabilisé | Déclenchement d'avalanches possibles parfois même par faible surcharge (***) et dans de nombreuses pentes, surtout dans celles généralement décrites dans le bulletin. Dans certaines situations, quelques départs spontanés d'avalanches de taille moyenne, et parfois assez grosse sont possibles |
| 4 Fort | Le manteau neigeux est faiblement stabilisé dans la plupart (**) des pentes suffisamment raides | Déclenchement d'avalanches probables même par faible surcharge (***) et dans de nombreuses pentes suffisamment raides. Dans certaines situations, de nombreux départs spontanés d'avalanches de taille moyenne et parfois grosse sont à attendre |
| 5 Très Fort | L'instabilité du manteau neigeux est généralisé | De nombreuses et grosses avalanches se produisant spontanément sont à attendre y compris en terrain peu raide |
Le terme "déclenchement" concerne les avalanches provoquées par surcharge, notamment par le(s) skieur(s) ou un animal Le terme "départ spontané" concerne les avalanches qui se produisent sans action extérieure |
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Quelques précisions
Avalanche de plaque Les plaques ne sont pas seulement dues à l'action du vent. Elles ne sont pas toujours dures et sont rarement visibles, en particulier lorsqu'elles se présentent sous la forme de poudreuse agréable à skier. Ce type de plaque est à l'origine de la plupart des accidents.
Froid et stabilisation Le froid ne stabilise le manteau neigeux que s'il permet le regel de l'eau liquide présente entre les grains de neige, due à une phase de redoux (début de fonte) ou de pluie. Par ailleurs, un froid persistant peut être à l'origine d'une métamorphose de moyen ou fort gradient et favoriser ainsi la formation de grains à faces planes ( gobelet). Ces strates à faible cohésion ne présentent, dans un premier temps, qu'un faible risque de déclenchement d'avalanche. Celui_ci devient important lorsqu'elles sont recouvertes par d'autres couches de neige.
Avalanches hors saison Des avalanches peuvent se produire hors saison de ski. Le skieurs de randonnée ne sont donc pas les seuls menacés. Des avalanches peuvent aussi toucher les randonneurs à pied ou des alpinistes ( qui seront dépourvus de l'ensemble pelle-sonde-ARVA)
Chute de neige et délai de stabilisation Les chutes de neige constituent, avec les périodes ventées et les réchauffements importants, une situation météorologique qui aggrave le risque d'avalanche. La règle des 3 jours (il faut attendre 3 jours après une chute de neige avant de sortir) n'est pas à prendre au pied de la lettre. Le tassement de la neige fraîche (qui est un facteur de stabilisation) est ralenti par le froid. Si les températures sont très basses, il faudra attendre plus de 3 jours avant que le manteau neigeux ne se stabilise. D'autre part, les plaques peuvent subsister longtemps après leur formation (un mois ou plus) et certaines couches fragiles ne disparaissent qu'à la fonte
Fiche des "risques d'avalanche"
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| Le ciel | ||
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Caractéristiques à privilégier |
Cas particuliers |
Dangers potentiels |
| Précipitations | Pluie | Humidification et déstabilisation du manteau neigeux (effet positif ultérieur si un refroidissement marqué succède aux précipitations) |
| Neige tombant avec une forte intensité | Augmentation des contraintes sur le manteau neigeux | |
| Température | En forte hausse | Augmentation des risques surtout dans les versants raides et ensoleillés |
| Vent | Vent fort | Une plaque peut se former en moins d'une heure avec un vent de 60km/h et une neige légère, et rendre à nouveau dangereuse une zone récemment purgée |
| Nébulosité | Brouillard | Difficulté ou impossibilité d'observer le terrain |
| Alternance brouillard/éclaircie et température très douce | Regel nocturne faible et rayonnement intense multidirectionnel en journée. Augmentation des risques en tout versant | |
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Le terrain |
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Caractéristiques à privilégier |
Cas particuliers |
Dangers potentiels |
| Inclinaison | Dès que la pente dépasse 20° environ | Zone la plus dangereuse comprise entre 30 et 45°Angle variable en fonction du type de neige. Il peut y avoir un risque en terrain plat dominé par des pentes raides ou des couloirs d'avalanche. A l'inverse les pentes raides se purgent plus vite |
| Exposition au vent | Les pentes les plus dangereuses sont celles situées sous le vent (pas seulement au niveau des crêtes) | Effet d'accumulation, formation de corniche, risque de plaque |
| Orientation | Pentes bien exposées au soleil et pas encore purgées (température douce, heure tardive) | Risque d'avalanche de neige humide |
| Pentes ombragées | Tassement ralenti de la neige récente, risque de formation de gobelets, persistance possible de vieilles plaques | |
| Type de pente | Grandes pentes sans ancrage naturel | Risque d'avalanche de grande ampleur |
| Pentes de forme convexe ou rupture de pente | Zone de contraintes accrues dans le manteau neigeux. Médiocre résistance aux surcharge | |
| Pente entrecoupée de barres rocheuses | Absence d'ancrage aval. Tension importante dans le manteau neigeux au pied des barres rocheuses | |
| Nature du sol sous-jacent (éboulis fin, schiste, pré non pâturé) | Mauvais ancrage inférieur pour la première couche | |
| Forêt clairsemé | Ancrage médiocre | |
| La neige | ||
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Caractéristiques à privilégier |
Cas particuliers |
Dangers potentiels |
| Epaisseur de la neige | Epaisseur de neige fraîche non tassée (>30cm) | Risque de déclenchement par diminution de la cohésion de feutrage |
| Neige fraîche inégalement répartie (effet du vent) | Risque de plaque friable en cas de sous-couche fragile | |
| Manteau neigeux peu épais en début de saison | Probabilité de couches fragiles dangereuses si enfouies sous de la neige ventée | |
| Consistance de la neige et structure | Neige peu homogène dans les couches supérieures ou d'abord dure puis s'effondrant brutalement sous le bâton | Présomption de plaque |
| Neige très humide, gorgée 'eau sur une épaisseur importante | Risque d'avalanche de fonte | |
| Neige fraîche (20 à 30 cm) reposant sur une surface dure relativement lisse | Plan de glissement idéal | |
| Façon dont la neige récente est tombée | Vent modéré à fort (pendant et juste après la chute | Repérage de ses effets: corniche autour des rochers et des arbres, fissures provoquées par les skis ( danger imminent) |
| Intensité de la chute(>3 à 5cm/h) | Risque de formation de plaques friables | |
| Temps qu'il a fait depuis la dernière chute | Températures très douces pendant ou après la chute | Risque d'avalanche de neige humide ou de fonte suivant l'orientation de la pente |
| Température très froide: risque de formation de grains à face plane ou gobelets | Le danger n'est pas immédiat. Il apparaîtra lord de nouvelles chutes de neige et subsistera jusqu'à la fonte | |
| Observation de l'activité avalancheuse | Présence de cassure de plaques récentes sur des pentes similaires à celle que l'on veut emprunter | Il vaut peut-être mieux changer d'itinéraire |
| Pente encore vierge avec présence de coulées de fonte importantes sur des pentes voisines de même exposition | Un temps chaud, une heure tardive au printemps sont des facteurs aggravants | |