22 Juin, nous quittons la France en pleine " canicule " et après vingt heures de voyage, nous débarquons à Lima en fin d’après-midi. Ici c’est l’hiver qui commence et nous apprécions la fraîcheur toute relative puisqu’il fait tout de même 19°.

Juan , notre guide, et Oscar le chauffeur, nous accueillent et après de brèves présentations, nous conduisent à notre hôtel.

 

23 Juin , la nuit a été bonne et vers 8h , Juan et Oscar viennent nous récupérer pour prendre la route de Huaraz . Il y a 8h de trajet et le Toyota est assez confortable et spacieux puisque nous ne sommes que quatre.

Après la traversée d’une zone désertique, nous retrouvons le bord de mer et a midi, nous prenons un excellent repas à base de poisson, à la terrasse d’un restaurant de Barranca (petite station balnéaire), tout au bord de la plage.

Nous reprenons la route qui commence à monter pour passer le col de Conococha qui est tout de même à 4100m d’altitude ! Nous découvrons les premiers sommets de la Cordillère à l’horizon.

Après quelques photos, nous commençons la longue descente sur Huaraz, la capitale de l’Ancash. En fait c’est la ville où se préparent les expéditions et les treks de la Cordillère Blanche. On trouve à louer tout le matériel, tous les vêtements et aussi des porteurs et des mules.

 

24 Juin, après une nuit excellente, à 3000m ! nous partons dans un nouveau Toyota et remontons la Quebrada de Churup jusqu’à Pitec (3800m). Le montage de la tente collective étant terminé, nous pouvons partir à la découverte du lac de Churup. La montée est effectuée à un bon rythme régulier et nous atteignons le lac (4554m) en moins de 2h.Le paysage est grandiose, la silhouette du pic Churup (5500m) domine et se reflète à la surface du lac (4450m). Nous apprécions la beauté du site tout en mangeant notre casse-croûte. Afin de ne pas revenir par le même itinéraire, nous faisons une boucle qui nous vaut un peu de dénivelé supplémentaire. C’est bon pour notre acclimatation à l’altitude !Au camp de Pitec, Nelson a monté les tentes et nous a préparé un repas " 3étoiles " : soupe de légumes frais, poulet rôti, frites et salade de fruits. Et pour digérer un Maté Coca. Il est 20h30 lorsque nous éteignons les frontales.

 

25 JuinLa nuit a été correcte, juste un peu longue. Nous prenons un petit déjeuner très complet avant de démonter le camp. La fiancée de Juan nous a conduit deux mules pour le transport du matériel (tentes, ravitaillement ainsi que notre équipement lourd ) .

Alors que la fiancée de Juan redescend au village, nous quittons Pitec pour une longue marche de plus de 6h qui nous amènera au camp de base du Mapajaru. Nous avons remonté la Quebrada Quilcayhuanca puis la Quebrada Cayesh et nous voilà maintenant au pied du Mapajaru, il est 16h.

Nelson a déjà installé les tentes, allumé le feu et il nous a préparé des boissons chaudes, bref ! c’est le grand confort à 4300m d’altitude. Ce soir nous nous coucherons tôt car demain nous nous levons à 4h ! Le repas a encore été succulent, ça devient une habitude.

 

26 Juin José me réveille, il me dit " ma montre indique 4h mais je ne vois pas la petite aiguille " en fait il est 4h20 !

Tout le monde debout, ptit déj. et à 5h30 nous quittons le camp. Nous sommes tout de suite dans le vif du sujet car ça monte raide dès le départ. Après les " brouchouses " c’est la caillasse puis enfin le glacier. Nous enfilons les baudriers, chaussons les crampons et reprenons notre progression lente corde tendue ! Le temps est magnifique.

Un peu au dessus de 5000m, nous abandonnons A.Marie qui est fatiguée. Juan l’installe sur des rochers bien exposés au soleil afin qu’elle n’ait pas froid et il l’assure à un piolet planté dans la glace.

Nous repartons vers le sommet que nous atteindrons après le franchissement d’une crevasse.

Hourrah ! nous sommes à 5326m au sommet du Mapajaru !! Vue splendide sur le Cayesh d’un côté le San Juan et le Huantsan de l’autre.

Nous redescendons rapidement pour retrouver A.Marie et le passage de la crevasse est encore plus scabreux qu’à la montée. Le retour au camp de base, bien qu’assez long, est sans problème et nous apercevons un couple de condors au vol majestueux.

Cette victoire s’arrose au champagne, ce qui aide à faire passer le………foie gras.

 

27 JuinAujourd’hui nous retournons à Huaraz, descente de la Quebrada Cayesh puis de la Q. Quilcayhuanca, très longue. Juan nous explique qu’un projet de route devant relier les océans Atlantique et Pacifique en passant par cette vallée, avait été abandonné du fait de la présence, dans ce parc, de nombreux vestiges pré- Incas.

Après 4h de marche, nous arrivons à la porte du parc, où nous attend le Toyota qui nous descend à Huaraz. Après une " cerveza " et une douche les troupes sont à nouveau opérationnelles.

Nous partons en quête d’un restaurant lorsque Lisou reconnaît " Gaston " du CAF dePau qui déambule sur l’Avenida Luzariaga. Le monde est petit ! Nous prenons ensembles le repas qui est bon marché mais avec un choix très limité car l’épicerie d’en face, où se ravitaille le restaurateur, est fermée !

 

28 JuinAujourd’hui nous partons pour le Pisco, nous sommes prêts à 8h mais Juan arrive avec une 1/2h de retard dans un nouveau Toyota avec nouveau chauffeur. Le véhicule de la veille est en panne.

Nous prenons la route qui remonte vers le nord du pays et nous avons droit à un contrôle de police, un de plus pourrait on dire ! Mais visiblement, notre chauffeur du jour n’a pas la " manière " avec la police, il na pas dû mettre la main à la poche assez rapidement et il se prend un P.V.

Nous remontons une vallée, la Quebrada Lianganuco qui a été sinistrée en 1970. Consécutif à un tremblement de terre, tout un pan du Huascaran s’est détaché, provoquant une avalanche, qui a dévalé jusqu’à la route et détruit plusieurs villages en faisant des milliers de morts. Après 2h ½ de route et de piste nous arrivons à l’entrée du Parc de Huascaran où il faut régler un droit d’entrée (65 Soles).

Nous longeons 2 lacs superbes, puis c’est le terminus pour le minibus, nous sommes arrivés à Cebolla Pampa (3900m), lieu de départ du trek. Juan loue 2 mules et nous commençons la montée vers le camp de base du Pisco, que nous atteignons après environ 2h de marche. C’est un vaste plateau à 4450m. Plusieurs tentes y sont déjà installées et nous y ajoutons les nôtres. Quelques dizaines de mètres au-dessus, sur un replat qui domine le camp, est construit le refuge " Pérou " qui a été bâti par des Italiens et qui ne semble pas très fréquenté.

Un guide ami de Juan, Abel, vient nous saluer. Il a un groupe d’Allemands qui sont tous, sauf un, atteints du mal des montagnes. Ils redescendront demain matin.

Pour nous, demain sera une étape courte, jusqu’au camp d’altitude, avec seulement 400m de montée. Le départ est prévu à 10h.

 

29 JuinIl a neigé pendant la nuit et nous sommes surpris à notre réveil par ce manteau blanc de 2 à 3 cm. Heureusement, le soleil inonde très vite le camp et permet de sécher rapidement les tentes. Nous partons vers 10h30 pour le camp d’altitude baptisé " Campo Morena ". Nous n’emportons que le strict indispensable car nous n’avons plus de mule et le portage se fait à dos d’homme.

Le parcours consiste à gravir une première pente qui nous conduit sur la rive inférieure de le moraine. Puis nous descendons, parmi d’énormes éboulis, dans le fond avant de remonter pour sortir en amont de la moraine. Je ne peux m’empêcher de penser à notre retour, demain, où nous devrons refaire le parcours inverse après avoir fait le sommet !

Le Campo Morena est installé en bordure d’une petite lagune asséchée, à 4850m. Ici le campement est plus rudimentaire, pas de tente collective, une bâche disposée sur un rocher plat nous servira de table. Mais cela n’empêchera pas notre super cuisinier, Nelson, de nous préparer une bonne soupe aux légumes frais suivie d’un plat de pâtes au thon.

Le temps est variable, des passages brumeux alternent avec de belles éclaircies et c’est au cours de l’une d’entre elles, que nous apercevons le sommet du Pisco.

Ce soir nous nous couchons avec la tombée de la nuit, vers 18h30 et il fait frisquet.

 

30 JuinAujourd’hui c’est le grand jour, objectif le PISCO et ses 5752m. Lever à 3h30 et départ vers 5h.

La montée vers le glacier est soutenue mais Juan donne le rythme car cette fois-ci, il entend bien amener tout le monde jusqu’au sommet.

Vers 6h nous prenons pied sur la langue du glacier par une courte escalade en glace. Nous montons encordés derrière Juan quand nous trouvons une première crevasse incontournable. Bien assurés nous la franchirons en sautant, elle n’est pas très large mais elle est profonde d’une quarantaine de mètres ! Un peu plus loin une deuxième crevasse sera franchie de la même manière que la première. Nous gravissons la pente terminale avant d'atteindre  le sommet vers 11h.

Notre joie d’être arrivés en haut nous fait momentanément oublier la fatigue, Juan nous fait un rapide tour d’horizon, mais malheureusement, les sommets sont masqués par les nuages.

Après avoir grignoté 1 ou 2 barres, nous redescendons et repassons les crevasses toujours aussi béantes. Nelson est venu à notre rencontre et il redescend nos crampons et nos baudriers jusqu’au campo morèna. Une assiette de soupe reconstituante nous y attend. Le démontage du camp est une simple formalité et nous redescendons au camp de base où nous passerons une dernière nuit sous tente.

Pour fêter ce second sommet, nous avons droit à du vin du Chili en apéro et Nelson nous a encore mitonné un bon petit plat.

 

1er Juillet C’est déjà le dernier jour, nous devons plier le camp et redescendre à Cebolla Pampa où le Toyota nous attend à 11h. Très vite après avoir quitter le camp, nous surprenons 3 Vigognes qui n’ont pas l’air du tout éffarouchées. La descente est beaucoup plus rapide que notre montée il y a 3 jours et nous arrivons à l’heure au rendez-vous.

Sur le retour vers Huaraz, nous faisons une rapide visite au petit musée du parc où sont présentés la flore et la faune.

Nous terminons la journée chez Juan qui nous a invités a déguster " La Pachamanca ". Cest le plat traditionnel régional, constitué de 3 viandes (poulet, porc, mouton) et de nombreux légumes (fèves, patates douces, Kamoté, Yuko …) le tout cuit à l’étouffée sur des pierres et recouvert de feuilles et de terre. Très bon mais attention à la sauce !

 

2 JuilletRetour à Lima avec Oscar et son Toyota, 8 h de route

         Maurice Gosselin

Les heureux participants: Maurice Gosselin, Marie-Lise Houde, José Lamban, Anne-Marie Traille.

Pour celles et ceux qui seraient intéressés par un voyage dans la Cordillère Blanche ou dans un autre massif du Pérou, les coordonnées de Juan sont les suivantes : Juan Morales Moreno – jvmoralesmoreno@yahoo.es

 

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